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Segmentation client pour la rentabilité

L’une des plus grandes erreurs d’une entreprise est de considérer que tous les clients ont la même valeur. Ce n’est pas vrai. Tous les clients n’apportent pas le même bénéfice, ne prennent pas le même temps, ne paient pas de la même manière, ne montrent pas la même fidélité et ne portent pas le même niveau de risque.

Certains clients parlent beaucoup mais achètent peu.
Certains clients parlent peu mais achètent régulièrement.
Certains clients génèrent beaucoup de chiffre d’affaires mais laissent peu de bénéfice.
Certains clients passent de petites commandes mais restent fidèles pendant des années.
Certains clients paient correctement.
Certains clients négocient constamment.
Certains clients renforcent la réputation de l’entreprise.
Certains clients consomment le temps, l’énergie et la tranquillité de l’entreprise.

C’est pourquoi la vraie rentabilité d’une entreprise ne se trouve pas seulement en analysant les produits. Il faut aussi analyser les clients.

La segmentation client pour la rentabilité ne consiste pas seulement à classer les clients selon l’âge, la ville, le niveau de revenu ou les produits achetés. Plus profondément, elle consiste à comprendre combien de bénéfice, de réachat, de coût en temps, de sécurité de paiement, de pouvoir de recommandation et de problèmes chaque groupe de clients apporte à l’entreprise.

Lorsqu’une entreprise ne fait pas cette distinction, elle traite ses clients les plus précieux comme des clients ordinaires. En même temps, elle peut confondre les clients qui prennent le plus de temps avec des clients importants. Résultat : l’entreprise travaille beaucoup, mais ne gagne pas assez.

Chaque client peut avoir de la valeur, mais tous les clients ne sont pas également rentables

Du point de vue de l’éthique commerciale, chaque client doit être traité avec respect. Mais du point de vue de la gestion, il n’est pas juste de gérer chaque client avec les mêmes ressources, le même temps et la même priorité.

Traiter un client avec respect est une chose.
Donner à chaque client la même valeur stratégique en est une autre.

Un client peut faire de petits achats, mais être régulier et facile à servir. Ce client est précieux pour l’entreprise. Un autre client peut faire un gros achat, mais demander constamment des remises, payer en retard, compliquer la livraison, fatiguer les employés et créer des problèmes après la vente. Ce client peut sembler important en chiffre d’affaires, mais être faible en rentabilité.

C’est pourquoi l’entrepreneur doit poser cette question :

Ce client m’apporte-t-il seulement une vente, ou m’apporte-t-il un vrai bénéfice ?

Car vente et bénéfice ne sont pas la même chose. Chiffre d’affaires et valeur d’entreprise ne sont pas la même chose. Beaucoup de passage client et une croissance saine ne sont pas la même chose.

Un client rentable est un client qui fait gagner de l’argent à l’entreprise, ne fait pas perdre de temps inutile, offre une sécurité de paiement, a une forte probabilité d’acheter à nouveau, comprend la valeur de l’entreprise et peut devenir une relation à long terme.

Pourquoi la segmentation client est-elle nécessaire pour la rentabilité ?

Dans les petites entreprises et les magasins, la gestion client se fait souvent à l’intuition. L’entrepreneur sent qui est un bon client. Cette intuition est précieuse, mais une entreprise qui veut grandir ne peut pas être gérée uniquement à l’intuition.

La segmentation client donne à l’entrepreneur une image plus claire.

Quel groupe de clients laisse le plus de bénéfice ?
Quel groupe de clients prend le plus de temps ?
Quel groupe de clients valorise la valeur, pas seulement le prix ?
Quel groupe de clients négocie constamment ?
Quel groupe de clients revient ?
Quel groupe de clients apporte des recommandations ?
Quel groupe de clients correspond à la qualité de l’entreprise ?
Quel groupe de clients tire l’entreprise dans la mauvaise direction ?

Lorsque ces questions trouvent une réponse, l’entreprise prend des décisions plus conscientes.

À qui faut-il consacrer plus de temps ?
Pour qui faut-il préparer une offre spéciale ?
Avec quels clients faut-il être plus sélectif ?
Pour quels clients faut-il créer de nouveaux groupes de produits ?
Vers quel groupe de clients faut-il orienter le marketing ?
Quel groupe de clients ne doit pas être la cible principale de l’entreprise ?

La segmentation client pour la rentabilité aide l’entreprise à se concentrer non pas seulement sur les clients, mais sur les bons clients.

Les clients doivent être analysés selon le vrai bénéfice, pas seulement selon le chiffre d’affaires

Beaucoup d’entreprises évaluent les clients uniquement selon le montant total qu’ils dépensent. C’est une vision incomplète.

Un client peut dépenser 10 000 euros par an. Un autre client peut dépenser 4 000 euros par an. À première vue, le client de 10 000 euros paraît plus précieux. Mais lorsque l’on examine les détails, l’image peut changer.

Si le client de 10 000 euros reçoit de fortes remises, paie en retard, prend beaucoup de temps, demande beaucoup de modifications, complique la livraison et crée de nombreux problèmes après la vente, le bénéfice réel peut être faible.

Le client de 4 000 euros, au contraire, peut acheter des produits à meilleure marge, payer de manière fiable, décider rapidement, ne pas fatiguer l’équipe, revenir régulièrement et recommander l’entreprise à d’autres personnes. Ce client peut être plus rentable.

La valeur client ne doit donc pas être mesurée uniquement avec le chiffre d’affaires.

La vraie valeur client doit être mesurée avec :

bénéfice brut,
fiabilité du paiement,
rapidité de décision,
coût en temps,
niveau de problème,
potentiel de réachat,
pouvoir de recommandation,
contribution à l’image de marque,
potentiel de relation à long terme.

Le client rentable n’est pas toujours celui qui dépense le plus. Le client rentable est celui qui laisse la valeur la plus saine dans l’entreprise.

Le coût en temps d’un client doit être calculé

Le coût d’un client ne se limite pas au coût du produit. Il existe aussi un coût en temps.

Combien de fois a-t-on parlé avec ce client ?
Combien de fois le prix a-t-il été modifié ?
Combien de fois les produits ont-ils été montrés ?
Combien de fois les mesures, les modèles, les couleurs ou les offres ont-ils été révisés ?
Combien d’employés se sont occupés de ce client ?
Combien de suivis ont été nécessaires après la vente ?
Combien de temps les plaintes ou problèmes ont-ils pris ?

Ces questions ne sont pas calculées dans beaucoup d’entreprises. Pourtant, elles constituent une partie importante de la rentabilité.

Un client peut dépenser 1 000 euros. Mais si cette vente exige 6 heures de discussion, 3 révisions d’offre, 20 messages, 2 visites et une longue négociation, la vraie rentabilité de ce client diminue.

Un autre client peut dépenser 700 euros. Mais s’il sait ce qu’il veut, décide avec confiance, paie correctement et rend le processus simple, il peut être plus rentable.

C’est pourquoi un concept est important dans la segmentation client :

la valeur nette du temps par client.

L’entrepreneur ne doit pas seulement demander : « Combien ce client a-t-il dépensé ? » Il doit aussi demander : « Combien de temps avons-nous dépensé pour gagner et servir ce client ? »

Une entreprise qui ne calcule pas le temps comprend souvent trop tard qu’elle travaille beaucoup mais gagne peu.

Les clients doivent être segmentés selon leur sensibilité au prix

Tous les clients ne décident pas selon le prix. Pour certains clients, le prix le plus bas est important. Pour d’autres, la confiance est importante. Pour d’autres, la qualité. Pour d’autres, la rapidité. Pour d’autres, le prestige. Pour d’autres, le service personnel.

Si une entreprise approche tous les clients avec le même langage de vente, elle fait une erreur.

Le client orienté prix compare constamment, demande des remises et peut facilement aller vers l’alternative la moins chère. Si ce groupe de clients n’est pas géré correctement, il tire la marge bénéficiaire vers le bas.

Le client orienté valeur s’intéresse à la qualité du produit, à la fiabilité du service, à l’expérience de l’entreprise, à la discipline de livraison et au service après-vente. Ce client peut payer un prix plus élevé, mais il attend de la confiance en retour.

Le client premium est plus sélectif. Il ne veut pas être pressé. Il attend une connaissance des matériaux, du détail, une présentation, une image de marque et une approche professionnelle. Ce client peut laisser un bénéfice élevé, mais il demande une communication adaptée.

Le client professionnel recherche le système, la clarté, les documents d’offre, la livraison à temps, la confiance et une coopération à long terme. Ce client porte souvent plus de potentiel qu’une seule vente.

La segmentation client doit donc toujours inclure la sensibilité au prix.

Le client demande-t-il surtout le prix, ou recherche-t-il de la valeur ?
Veut-il seulement une remise, ou cherche-t-il la bonne solution ?
Cherche-t-il l’option la moins chère, ou un achat sûr ?
Achètera-t-il une seule fois, ou peut-on construire une relation à long terme ?

Sans cette distinction, aucune stratégie de vente correcte ne peut être construite.

La segmentation client n’est pas seulement du marketing, mais aussi de la gestion d’entreprise

La segmentation client est souvent vue comme un sujet marketing. En réalité, elle se trouve au centre de la gestion d’entreprise.

Car les segments de clients influencent les décisions suivantes :

quels produits garder en stock,
quels services développer,
quel niveau de prix protéger,
combien de temps consacrer à quel client,
quelle campagne lancer,
quels employés former,
quel langage de communication utiliser,
de quel groupe de clients s’éloigner,
dans quel groupe de clients investir davantage.

Si le groupe cible d’une entreprise n’est pas clair, le choix des produits se disperse, la tarification s’affaiblit et le langage marketing devient confus.

Si une entreprise veut être en même temps la moins chère, la meilleure, la plus rapide, la plus exclusive, la plus luxueuse et la plus accessible, elle tombe dans la confusion stratégique. Essayer de parler à tous les groupes de clients à la fois affaiblit l’identité de l’entreprise.

La segmentation client pour la rentabilité donne cette clarté à l’entreprise :

Qui voulons-nous servir ?
Qui ne voulons-nous pas servir ?
Quels clients font grandir notre entreprise ?
Quels clients nous forcent constamment à baisser les prix ?
Quels clients augmentent notre valeur de marque ?
Quels clients fatiguent notre système ?

Les réponses à ces questions déterminent la stratégie de l’entreprise.

Comment construire les segments clients de base ?

Chaque entreprise peut créer des segments différents selon sa propre structure. Mais pour les petites entreprises et les magasins, un système simple suffit au début.

Les clients peuvent être classés ainsi :

clients très rentables,
clients réguliers,
clients premium,
clients orientés prix,
clients chronophages,
clients problématiques,
clients générateurs de recommandations,
clients professionnels,
clients à potentiel de croissance,
clients perdus mais récupérables.

Cette classification donne une forte conscience à l’entreprise.

Les clients très rentables doivent être protégés.
Les clients réguliers doivent être renforcés par la fidélité.
Les clients premium doivent être gérés avec un langage de service particulier.
Les clients orientés prix doivent être traités de manière contrôlée.
Les processus pour les clients chronophages doivent être standardisés.
Les clients problématiques ne doivent pas perturber le système de l’entreprise.
Les clients qui apportent des recommandations doivent être vus comme des sources de relation précieuses.
Pour les clients professionnels, il faut construire un système d’offre et de suivi plus professionnel.
Les clients à potentiel de croissance doivent être progressivement amenés vers une valeur plus élevée.
Les clients perdus doivent être analysés avec la bonne raison.

Le but de la segmentation n’est pas de dévaloriser les clients. Le but est d’utiliser les ressources de l’entreprise plus consciemment.

Qui sont les clients de classe A ?

Les clients de classe A sont le groupe de clients le plus précieux de l’entreprise. Ce ne sont pas seulement les clients qui dépensent beaucoup. Ce sont les clients qui apportent une vraie valeur saine.

Un client de classe A possède généralement ces qualités :

il comprend la valeur de l’entreprise,
il accorde de l’importance à la qualité,
il ne fait pas du prix le seul critère de décision,
il est fiable dans le paiement,
il a une forte probabilité de réachat,
il communique respectueusement avec les employés,
il ne fait pas perdre de temps inutile,
il peut recommander de nouveaux clients,
il correspond à l’image de marque de l’entreprise,
il peut devenir une relation à long terme.

Ces clients doivent recevoir une attention particulière. Mais cette attention ne doit pas signifier uniquement une remise.

Pour un client de classe A, avant la remise viennent la confiance, la rapidité, la priorité, l’information spéciale, le service de qualité, le suivi régulier, les nouvelles de nouveaux produits, la reconnaissance personnelle et une meilleure expérience.

Car un client précieux n’attend pas toujours une remise. Souvent, il attend un bon service, de la confiance et une approche professionnelle.

Si une entreprise ne connaît pas ses clients de classe A, elle gère son groupe de clients le plus précieux au hasard.

Comment évaluer les clients de classe B ?

Les clients de classe B sont des clients qui portent un potentiel, mais qui n’ont pas encore atteint la valeur la plus élevée.

Ces clients peuvent être réguliers mais acheter en faible volume. Ils peuvent faire confiance à l’entreprise, mais ne pas encore être passés à des produits de plus grande valeur. Ils peuvent être sensibles au prix, mais se rapprocher de la qualité avec la bonne explication. Ils peuvent avoir acheté plusieurs fois, mais ne pas encore être devenus des clients fidèles.

L’objectif avec les clients de classe B est de les faire évoluer vers la classe A.

Pour cela, l’entreprise doit poser ces questions :

Pourquoi ce client n’achète-t-il pas encore des produits de plus grande valeur ?
Expliquons-nous suffisamment la différence de qualité ?
Proposons-nous la bonne offre au bon moment ?
Faisons-nous un suivi pour le réachat ?
Comprenons-nous vraiment les besoins de ce client ?
Continuons-nous la relation après la vente ?

Si les clients de classe B sont bien gérés, ils deviennent une zone de croissance pour l’entreprise. S’ils sont mal gérés, ils restent des clients passifs.

Comment les clients de classe C influencent-ils l’entreprise ?

Les clients de classe C peuvent être des clients à faible bénéfice, à coût en temps élevé ou mal alignés avec la direction souhaitée de l’entreprise.

Ces clients ne sont pas forcément de mauvais clients. Mais du point de vue de la croissance et de la rentabilité, ils doivent être gérés avec prudence.

Les clients de classe C peuvent avoir ces caractéristiques :

ils demandent constamment le prix le plus bas,
ils prennent beaucoup de temps,
ils posent beaucoup de questions mais ne décident pas,
ils demandent beaucoup d’offres mais n’achètent pas,
ils paient en retard,
ils formulent constamment des demandes supplémentaires après la livraison,
ils diminuent la perception de qualité de l’entreprise,
ils consomment l’énergie du personnel,
ils laissent peu de bénéfice.

Au lieu de se fâcher contre ce groupe de clients, l’entreprise doit construire un système.

Des réponses standard doivent être préparées.
Le processus d’offre doit être limité.
Le conseil gratuit doit être contrôlé.
La politique de prix doit être claire.
Les conditions de paiement doivent être explicites.
Les demandes de modification doivent être liées à des règles.
Le personnel doit savoir comment gérer ces clients.

Donner un temps illimité à chaque client n’est pas un bon service. Parfois, un bon service signifie poser les bonnes limites.

Il ne faut pas confondre clients rentables et clients problématiques

Certains clients sont automatiquement considérés comme précieux parce qu’ils paient des montants élevés. Mais tous les clients qui paient beaucoup ne sont pas rentables.

Un client peut passer une commande coûteuse. Mais s’il demande constamment des changements, épuise le personnel, paie en retard, formule des exigences injustes après la livraison et perturbe la tranquillité de l’entreprise, il n’est peut-être pas vraiment précieux.

De même, un client avec un petit achat n’est pas sans valeur. S’il revient régulièrement, paie de manière fiable, recommande l’entreprise et ne fatigue pas le système, il peut être précieux.

L’entrepreneur doit évaluer un client non seulement selon l’argent qui entre en caisse, mais selon l’effet total que ce client laisse sur l’entreprise.

La vraie rentabilité est la somme de :

argent,
temps,
risque,
tranquillité,
réachats,
recommandations,
image de marque,
sécurité de paiement.

C’est pourquoi un client rentable n’est pas seulement un client qui achète, mais un client qui contribue à la croissance saine de l’entreprise.

Comment la segmentation client renforce-t-elle la tarification ?

Sans segmentation client, la tarification reste faible. L’entreprise ne sait pas selon quel groupe de clients elle fixe ses prix.

Si les prix sont fixés uniquement selon le groupe de clients le moins cher, l’entreprise ne gagne pas assez avec les clients de plus grande valeur. Si les prix sont fixés uniquement selon les clients premium, certains clients du segment intermédiaire peuvent être perdus.

L’entreprise doit donc positionner ses produits et services selon les segments de clients.

Les produits d’entrée de gamme peuvent convenir aux clients sensibles au prix.
Les produits de milieu de gamme peuvent convenir aux clients qui recherchent fiabilité et régularité.
Les produits premium peuvent convenir aux clients qui recherchent qualité, prestige et service spécial.
Les offres professionnelles peuvent convenir aux clients B2B.
Les services spéciaux peuvent convenir aux clients de grande valeur.

Cette structure donne de la flexibilité à l’entreprise. L’entreprise n’essaie pas de vendre le même produit à tout le monde avec le même langage. Elle propose à chaque groupe de clients le bon niveau de valeur.

Mais un point important doit être rappelé : la segmentation ne signifie pas offrir un mauvais service. Dans chaque segment, l’honnêteté, la clarté et la confiance doivent être protégées. La différence peut se trouver dans la profondeur du service, le niveau du produit, la rapidité, la personnalisation et la structure de prix.

Comment appliquer la segmentation client dans les magasins et le commerce de détail ?

Dans les magasins, la segmentation client ne doit pas forcément commencer avec un logiciel compliqué. Un simple carnet, un tableau, des étiquettes WhatsApp ou un système de suivi client peuvent suffire pour commencer.

D’abord, les clients des 6 ou 12 derniers mois sont examinés. Ensuite, ces questions sont posées pour chaque client :

Qu’a acheté ce client ?
Combien a-t-il dépensé ?
Quel groupe de produits a-t-il préféré ?
La marge bénéficiaire était-elle élevée ?
Combien de fois est-il revenu ?
Quel était son comportement de paiement ?
Le processus de décision était-il facile ?
A-t-il pris beaucoup de temps ?
Y a-t-il eu des plaintes ou des problèmes ?
A-t-il apporté des recommandations ?
Existe-t-il un potentiel de réachat ?
À quel groupe de clients ressemble-t-il ?

Avec ces informations, un simple tableau client peut être préparé.

nom du client,
groupe de produits,
chiffre d’affaires,
bénéfice estimé,
coût en temps,
confiance de paiement,
potentiel de réachat,
potentiel de recommandation,
segment client,
prochaine action.

Ce tableau donne à l’entrepreneur une réalité visible. L’entreprise commence alors à répondre non seulement à la question « Qui a beaucoup acheté ? », mais aussi à la question « Qui est vraiment précieux ? »

La segmentation change le langage de vente

On ne vend pas à chaque groupe de clients avec les mêmes phrases.

Pour un client orienté prix, parler longuement de qualité peut ne pas suffire. Il faut lui expliquer clairement ce qui est inclus dans le prix, ce qu’il gagne à long terme et les risques d’une option moins chère.

Pour un client orienté valeur, parler seulement de remise est une erreur. Il faut lui parler des matériaux, du savoir-faire, de la confiance, de la livraison, de la garantie, de l’expertise et de l’expérience.

Pour un client premium, un langage de vente pressé, ordinaire et trop chargé ne convient pas. Ce client demande une approche calme, sélective, professionnelle et détaillée.

Pour un client professionnel, la sympathie seule ne suffit pas. Il veut voir le système, la capacité, le processus, une offre claire, une fiabilité de livraison et une discipline de travail à long terme.

Pour un client fidèle, il est aussi mauvais de le traiter à chaque fois comme un nouveau client. Ses achats précédents doivent être rappelés, ses préférences doivent être connues et la relation doit être protégée.

La segmentation rend le langage de vente plus précis. Le client rencontre une communication qui lui correspond mieux. Cela augmente à la fois la probabilité de vente et la satisfaction client.

Le budget marketing doit être consacré au bon segment client

Les petites entreprises ont souvent un budget marketing limité. C’est pourquoi la publicité, le contenu, les réseaux sociaux, les brochures, les e-mails ou les messages WhatsApp ne doivent pas être envoyés à tout le monde de la même manière.

La plus grande erreur est de consacrer le plus d’énergie marketing au groupe de clients le moins rentable.

Si l’entreprise attire constamment des clients qui cherchent des remises, elle finit par entrer dans une guerre des prix. Si elle attire des clients qui recherchent qualité et confiance, elle peut générer un bénéfice plus sain. Si l’entreprise cible les clients premium, son langage marketing doit aussi correspondre à cette cible.

Le marketing doit répondre à cette question :

Quel type de client voulons-nous attirer davantage ?

Attirer plus de clients n’est pas toujours bon. Attirer beaucoup de mauvais clients fatigue l’entreprise. Attirer moins de clients, mais de meilleurs clients, peut apporter plus de bénéfice.

C’est pourquoi la segmentation est la base du marketing.

La segmentation client influence aussi le choix des produits

Les produits d’une entreprise doivent être construits selon le segment client qu’elle cible.

Si la clientèle est orientée qualité, le choix des produits doit soutenir la qualité. Si la clientèle est premium, la présentation du produit, l’emballage, l’atmosphère du magasin et le langage de communication doivent correspondre à ce niveau. Si la clientèle recherche des solutions rapides et pratiques, les produits doivent être faciles à comprendre et rapidement disponibles.

Le mauvais produit peut faire fuir le bon client. Le mauvais client peut aussi faire paraître sans valeur le bon produit.

Par exemple, un produit de très haute qualité peut être perçu comme cher s’il est proposé à des clients qui cherchent constamment le moins cher. Le même produit peut être perçu comme précieux s’il est proposé aux bons clients qui recherchent la qualité.

La segmentation client et la stratégie produit doivent donc être pensées ensemble.

Quel client achète quel produit ?
Quel produit attire quel groupe de clients ?
Quel groupe de clients choisit les produits à plus forte marge ?
Quels produits attirent des clients peu rentables ?
Quels produits augmentent la valeur de marque ?

Ces questions rendent le portefeuille de produits plus rentable.

Le segment client le plus précieux diffère selon chaque entreprise

Il n’existe pas un seul segment client idéal pour toutes les entreprises. Pour une entreprise, le client le plus précieux peut être un client particulier premium. Pour une autre, il peut être un client professionnel. Pour une autre encore, il peut être un client fidèle qui fait de petits achats réguliers. Pour un fabricant, le client le plus précieux peut être un acheteur B2B. Pour un magasin, le client le plus précieux peut être un client local qui apporte des recommandations.

C’est pourquoi une entreprise ne doit pas copier la stratégie client d’une autre entreprise. Elle doit regarder ses propres données réelles.

Qui sont mes clients ?
Qui me fait gagner de l’argent ?
Qui me coûte du temps ?
Qui revient ?
Qui me recommande ?
Qui pousse constamment mes prix vers le bas ?
Qui ajoute de la valeur à ma marque ?
Qui correspond à l’avenir de mon entreprise ?

Les réponses à ces questions sont différentes dans chaque entreprise.

La segmentation client pour la rentabilité aide l’entreprise à découvrir son propre client idéal.

La segmentation n’est pas une exclusion des clients, mais une gestion consciente de l’entreprise

Certains entrepreneurs peuvent être mal à l’aise avec l’idée de segmentation client. Classer les clients peut sembler froid ou discriminant. Mais bien comprise, la segmentation ne signifie pas dévaloriser les clients.

La segmentation signifie offrir le service de manière plus juste.

Tous les clients ne doivent pas recevoir la même recommandation de produit.
Tous les clients ne doivent pas recevoir la même offre.
Tous les clients ne doivent pas recevoir le même langage de communication.
Tous les clients ne doivent pas recevoir la même quantité de temps.
Tous les clients ne doivent pas entrer dans le même processus de suivi.
Tous les clients n’ont pas la même attente de prix.

Connaître ces différences aide l’entreprise à mieux servir les clients.

Le client orienté prix veut des options claires et simples.
Le client premium veut du détail et de la confiance.
Le client professionnel veut du processus et de la structure.
Le client fidèle veut être reconnu.
Le nouveau client veut être guidé.
Le client hésitant veut de l’aide pour décider.

La segmentation est une manière de mieux comprendre le client. Si elle est bien utilisée, elle augmente à la fois la satisfaction client et la rentabilité de l’entreprise.

Comment commencer la segmentation client pour la rentabilité ?

Une entreprise n’a pas besoin d’un grand projet de conseil pour mettre en place ce système. Le premier pas peut être simple.

D’abord, les 50 ou 100 derniers clients sont examinés. De courtes notes sont écrites pour chaque client. Ensuite, les clients sont évalués selon quatre grands critères :

bénéfice,
temps,
réachat,
risque.

Chaque client peut recevoir une note faible, moyenne ou élevée pour ces critères.

Le bénéfice est-il élevé ?
Le coût en temps est-il faible ?
Existe-t-il un potentiel de réachat ?
Les risques de paiement et de problème sont-ils faibles ?

Après cette analyse, les clients peuvent être divisés en groupes :

Groupe A : bénéfice élevé, peu de problèmes, fort potentiel de réachat.
Groupe B : bénéfice moyen, potentiel développable.
Groupe C : faible bénéfice, coût en temps élevé ou faible adéquation.
Groupe à risque : clients avec risque de paiement, risque de plainte, négociation extrême ou risque de perturber le système.

Ensuite, un plan d’action séparé est créé pour chaque groupe.

Le groupe A est protégé.
Le groupe B est développé.
Le groupe C est géré avec des processus standard.
Des limites claires sont posées pour le groupe à risque.

Même un début aussi simple renforce la conscience de rentabilité de l’entreprise.

Un système de suivi doit être construit pour chaque segment

Il ne suffit pas de classer les clients. Un système de suivi doit être construit pour chaque segment.

Pour les clients du groupe A, un suivi spécial peut être mis en place. Les nouveaux produits peuvent être annoncés plus tôt. Des rendez-vous spéciaux peuvent être proposés. Le service après-vente peut être poursuivi avec plus d’attention.

Pour les clients du groupe B, on peut utiliser l’information, l’explication et la communication de valeur. Le passage vers de meilleurs produits peut être facilité. Un système de rappel pour les réachats peut être construit.

Pour les clients du groupe C, on peut utiliser des messages standard, des listes de prix claires, un processus d’offre limité et une communication plus contrôlée.

Pour les clients professionnels, il faut des documents d’offre, une planification de livraison, un suivi de projet et une gestion régulière de la relation.

Pour les clients premium, la confiance, le détail, la présentation spéciale et un langage de vente calme sont importants.

Pour les clients fidèles, la reconnaissance, le remerciement, l’information spéciale et la continuité de la relation sont importants.

Lorsque la segmentation client est combinée avec un système de suivi, elle devient un véritable outil de gestion.

Le mauvais segment client déforme la direction de l’entreprise

Lorsqu’une entreprise sert constamment le mauvais segment client, elle déforme son identité à long terme.

Une entreprise qui sert constamment des clients cherchant le moins cher peut finir par ne plus pouvoir défendre ses prix. Une entreprise qui sert constamment des clients pressés peut mettre sa qualité en danger. Une entreprise qui consacre trop de temps à des clients problématiques peut négliger ses bons clients.

Le mauvais segment client peut provoquer ces résultats :

la marge bénéficiaire diminue,
les employés se fatiguent,
l’entrepreneur s’épuise,
la perception de qualité s’affaiblit,
il ne reste plus de temps pour les bons clients,
la marque commence à être associée au bas prix,
la direction stratégique de l’entreprise devient floue.

C’est pourquoi le choix des clients est l’une des parties les plus importantes de la stratégie d’entreprise.

Vendre à tout le monde n’est pas une croissance. Vendre au bon client est une croissance saine.

Pour une croissance rentable, le portefeuille client doit être nettoyé

Les entreprises nettoient parfois leur portefeuille de produits, mais ne pensent pas à nettoyer leur portefeuille client. Pourtant, certaines relations client peuvent nuire à l’entreprise.

Cela ne signifie pas chasser les clients. Une meilleure formulation serait : l’entreprise clarifie ses limites, ses conditions et son modèle de service.

Pour les travaux peu rentables, une valeur minimale de commande peut être fixée.
Pour les travaux avec de nombreux changements, une limite de révision peut être mise en place.
Pour les clients qui paient en retard, une condition d’acompte peut être exigée.
Pour les clients qui prennent beaucoup de temps, le conseil peut devenir un processus payant.
Pour les clients qui veulent un service premium, un forfait de service séparé peut être créé.
Pour les clients orientés prix, un groupe de produits plus standard peut être proposé.

Cette approche rend l’entreprise plus saine.

Pour une croissance rentable, il ne faut parfois pas plus de clients, mais de meilleurs clients.

La segmentation client donne de la liberté à l’entrepreneur

Lorsque l’entrepreneur essaie de servir chaque client avec la même énergie, il se fatigue. Son temps se disperse, ses décisions s’affaiblissent et les clients les plus précieux ne reçoivent pas assez d’attention.

La segmentation donne des priorités à l’entrepreneur.

Avec quel client doit-il s’occuper personnellement ?
Quel client peut être géré par le personnel ?
Pour quel client un processus standard suffit-il ?
Quel client demande une offre spéciale ?
Quel client porte une relation de grande valeur ?
Quel client consomme le temps de l’entrepreneur ?

Lorsque cette distinction est faite, l’entrepreneur travaille plus consciemment.

Il n’a pas besoin de servir chaque client avec la même intensité. Les ressources de l’entreprise vont au bon endroit. Le personnel travaille plus clairement. Le processus de vente devient mieux contrôlé. Le bénéfice devient plus visible.

La segmentation client pour la rentabilité n’est pas seulement un outil de vente. C’est aussi un système de gestion qui protège le temps et l’énergie de l’entrepreneur.

Conclusion : la rentabilité commence par la reconnaissance du bon client

Une entreprise augmente son bénéfice non seulement en travaillant plus dur, mais en travaillant plus juste. L’une des manières les plus importantes de travailler plus juste est de bien comprendre les clients.

Tous les clients ne sont pas identiques. Toutes les ventes n’ont pas la même valeur. Un chiffre d’affaires élevé n’apporte pas toujours un bénéfice élevé. Et tous les petits clients ne sont pas sans importance.

La vraie question est :

Quels clients font réellement grandir notre entreprise ?

Sans réponse à cette question, la croissance rentable devient difficile.

La segmentation client pour la rentabilité signifie évaluer les clients selon le bénéfice, le temps, la sécurité de paiement, le réachat, le pouvoir de recommandation, le risque et l’adéquation avec la marque. Grâce à ce système, l’entreprise voit plus clairement dans quels clients investir, quels clients développer, quels clients gérer avec des processus standard et de quels groupes de clients s’éloigner.

Une bonne segmentation client apporte ces avantages à l’entreprise :

la marge bénéficiaire devient plus visible,
l’énergie de vente va vers les bons clients,
la perte de temps diminue,
la tarification devient plus forte,
les clients premium sont mieux gérés,
les clients fidèles sont protégés,
le système de clients professionnels se développe,
le personnel travaille plus clairement,
l’entrepreneur prend des décisions plus conscientes.

Lorsqu’une entreprise essaie de parler à tout le monde, elle peut devenir ordinaire. Lorsqu’elle reconnaît le bon client et construit un système autour de ce client, elle devient plus forte.

Car la rentabilité durable ne se crée pas seulement par le choix des produits, mais aussi par le choix des clients.

Une entreprise rentable n’est pas l’entreprise qui a le plus de clients. Une entreprise rentable est celle qui reconnaît le bon client, offre la bonne valeur et gère ses ressources consciemment.

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